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« Pokémon Go » ou comment j’ai appris que le bonheur des uns fait le malheur des autres

livinbrain:

Par Mariana

Moi aussi je fais partie des gens qui ont changé de cellulaire. J’ai « upgradé » mon téléphone pour le dernier modèle de Motorola, avec 32 Go et un plus grand écran. Mon conjoint et moi avons supporté l’attente et les pleurs d’enfants au centre commercial dans le but commun d’avoir un cellulaire fonctionnel et dans celui caché de pouvoir jouer à Pokémon Go afin de faire l’expérience de la réalité augmentée dans toute sa nouveauté.

Quand j’étais petite, en Colombie, Pokémon était source de controverses au même titre que toutes les autres émissions jeunesse populaires de l’époque : Dragon Ball, Digimon, Sakura Chasseuse de cartes, Sailor Moon…

On aurait dit que, pour faire contrepoids à la gigantesque masse d’enfants enthousiastes baignant dans le marketing, les jeux et la fantaisie, les adultes nous reprochaient de nous intéresser à des choses superficielles et stupides. À mon école de religieuses, on nous disait que Goku, Sailor Moon et Pikachu faisaient la promotion de Lucifer, la preuve se trouvant dans les oreilles pointues du Pokémon électrique et les signes de main des protagonistes.

À ce sujet, c’est un drôle de malentendu que ces sœurs propageaient par ignorance. Bien que le signe de cornes soit interprété par elles et par bon nombre d’amateurs de métal comme les cornes du diable, au Japon, ce signe agit comme un porte-bonheur qui éloigne les forces du mal.

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Originally posted by the-devil-beside-you

Les plus jeunes d’entre nous ne s'en rappellent peut-être pas, mais les bulletins de nouvelles blâmaient Pokémon pour des « épidémies » d’épilepsie et des suicides d’enfants causés par les « messages subliminaux » qui se trouvaient dans les épisodes télévisés ainsi que dans les jeux. Parlant des jeux, certains soi-disant experts les traitaient comme des drogues d’entrée à des vices plus sévères, clamant que cette promotion éhontée de la violence de jeu en jeu amenait une escalade de la violence juvénile trouvant son paroxysme absurde dans la tuerie de Columbine en 1999. Dès les années 90, on disait déjà que les tueries de masse étaient la faute des jeux vidéo, blâme qui sera partagé avec la musique rock, métal, et les scènes alternatives comme la culture goth.

Aujourd’hui, des personnes ont porté plainte contre Pokémon Go parce qu’il y avait un trop grand achalandage de « jeunes » dans la partie historique du quartier que j’habite. C’est dérangeant quand tout ce monde rassemblé pacifiquement rit, se tient ensemble à l’extérieur, parle, fait connaissance à un endroit public. C’est encore plus irritant, j’imagine, de nous voir avec un cellulaire intelligent en main, tel un étendard de l’idiocratie et de la superficialité de la culture selfie.


Ce rassemblement est dérangeant. On ne veut pas nous voir avoir du plaisir. Parfois, je pense qu’on ne veut pas nous voir tout court.


On préfère se cramponner à l’idée que cette mode est forcément négative et éphémère. On n’a qu’à écouter les nouvelles qui ne sont pas sans nous rappeler les scandales impliquant Pokémon il y a 20 ans de cela. Un gars aurait foncé dans une voiture de police en jouant à Pokémon Go, un Français serait tombé accidentellement dans un précipice, des criminels profiteraient de la géolocalisation de l’application pour commettre des vols, un jeune aux États-Unis aurait été témoin d’un meurtre, etc.


On se sert aussi de l’engouement pour l’application comme moyen de crier à une pseudo-injustice en nous mettant face à de faux dilemmes sur les réseaux sociaux : des publicités dénoncent la soi-disant hypocrisie de la jeunesse qui se préoccupe de capturer des monstres imaginaires, mais qui n’aurait aucune pensée pour les animaux ou les réfugiés. Comment ose-t-on se changer les idées, avoir du plaisir à l’extérieur, quand le reste de la planète baigne dans le sang et les ordures?  Ces accidents et ces foules de gens de tous âges rivés sur leurs écrans comme des zombies sont pour les plus critiques une preuve irréfutable de la déchéance de notre civilisation.

Pourtant, toute cette indignation cache un aveuglement volontaire. Oui, il y a plus d’incidents. Oui, l’application n’est pas parfaite, mais j’ai l’impression que toute cette haine et tout ce cynisme ne tiennent pas compte de tous les côtés positifs de Pokémon Go. Que, plus qu’un simple jeu, les impacts se font certainement sentir au-delà des ventes de cellulaires. Pour n’en donner que quelques exemples, un hôpital pour enfants est en train de se servir de l’application comme outil à part entière dans la physiothérapie des jeunes patients et aussi comme moyen de dédramatiser l’hôpital, un endroit normalement effrayant pour les enfants, leur permettant de l’explorer, de bouger et de connaître d’autres jeunes patients.


Les impacts sur la santé physique et psychologique des jeunes se font aussi sentir : des amis très chers qui souffrent de problèmes d’anxiété ou de dépression, qui autrement resteraient chez eux, isolés, ont maintenant l’excuse parfaite pour sortir de leur isolement. En fait, la recherche supporte amplement l’idée que l’activité physique est aussi efficace pour traiter la dépression que les antidépresseurs en combinaison avec la psychothérapie. Je vous laisse imaginer l’impact sur la santé mentale qu’a une application qui vous pousse à parcourir des kilomètres avec des amis.

En plus des impacts physiques et psychologiques, on a aussi des impacts communautaires et économiques. Des gens se rassemblent et partagent des codes de vie avec les joueurs de Pokémon Go, tels que ramasser des déchets par terre et protéger les plus vulnérables. Les petits commerces locaux font de leurs boutiques des pokéstops et ils en voient leur achalandage augmenté depuis. En effet, ces commerces profitent du fait que plus de gens s’arrêtent devant leurs portes pour faire des promotions et mettre des biens en valeur. C’est bon pour les affaires.

La première journée que j’ai joué à Pokémon Go avec mon conjoint, on était sur le terrain d’un cégep. On s’est fait crier dessus par des gars en voiture, comme quoi tous les Pokémon étaient morts. Plus loin, un homme jouant avec une auto téléguidée dans un skatepark nous a imités grossièrement, comme si on était des zombies, et nous a dit qu’il ne voyait pas ce qui pourrait ressortir de positif de cette mode, qu’il ne comprenait pas comment ce jeu pouvait être bon pour des gens qui ne faisaient que regarder leurs écrans. Quand je lui ai répondu qu’au moins, les gens sortaient prendre l’air, il ne savait pas trop quoi dire.


Bien que ces deux incidents m’aient laissé un goût amer, je tiens à dire que ce kilomètre et demi parcouru nous a amené son lot de belles surprises aussi. Deux enfants, deux frères qui étaient à la chasse nous ont interpellés et nous avons échangé sur les endroits où l’on pourrait trouver des Pokémon rares, le plus jeune, content et impressionné de pouvoir passer du temps avec son aîné. Un jeune garçon avec sa sœur nous a dit qu’il y avait des Pokémon rares un peu plus loin, tous les deux assis sur l’herbe. Finalement, mon conjoint et moi, nous nous sommes assis au sommet d’une colline, mettant nos cellulaires de côté après une chasse fructueuse pour contempler un magnifique coucher de soleil estival.

Bref, il n’est pas nécessaire pour moi de vous rappeler à quel point les circonstances actuelles sont décourageantes, voire même angoissantes, pour nous tous. En plus de nos problèmes personnels quotidiens, on doit concilier avec la peur et la tristesse face aux fréquents attentats terroristes, vivre avec notre souffrance et celle d’autrui. Il n’y a pas une journée qui passe où je ne me mets pas en colère contre les injustices, la violence, la mort et la souffrance. Mais pour une fois qu’il y a des choses qui amènent du positif dans la vie des gens, est-ce qu’on peut, pour une fois, arrêter d’être aussi cynique et se réjouir? Tirer profit de cette vague sociale pour connecter avec son voisin et non l’aliéner?

Maintenant, si vous me permettez, j’ai un Snorlax à attraper. On se voit au Gym!

Yup

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On skates for a bout for the first time since about 18 months.
2 games back to back, 2 close losses, but the feelings.
My god.
I remembered quickly how good it felt to be part of a high level team, with powerful women, both teammates and opposite players were amazing.

With all of this being behind, I really need to get back to a higher fitness level to be better, quicker and stronger.

But the fear is gone, and with a clear head I am looking forward having the best derby year of my life. So far ;)

Gotta love this sport

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